L'arrêt du Crédit Foncier : quelles conséquences pour le marché immobilier ?

Mise en ligne le 05/11/2018 à 08:43
L'arrêt du Crédit Foncier : quelles conséquences pour le marché immobilier ?

05 novembre 2018 - Le Crédit Foncier n’accordera plus de nouveaux prêts à compter du 1er trimestre 2019 : quelles conséquences pour l’écosystème de l’immobilier ?

La fin des activités d’octroi de prêt du Crédit Foncier (anciennement Crédit Foncier de France), établissement bancaire spécialisé dans le financement de l’accession à la propriété, de l’investissement locatif, de la construction ou de la promotion, n’est pas une bonne nouvelle pour le monde de l’immobilier. 

Cet arrêt du Crédit Foncier s’inscrit dans un contexte déjà marqué par la fin du Crédit Immobilier de France (CIF), par le resserrement des conditions d’accessibilité au prêt à taux zéro (PTZ) et par la suppression de l’aide personnalisée au logement (APL) en faveur de l’accession à la propriété dans le neuf depuis le 1er janvier 2018.

Les conséquences de la fin du Crédit Foncier – l’activité de production de nouveaux prêts devrait s’arrêter au 31 mars 2019 – sont encore difficiles à mesurer mais, compte tenu de la place que le Crédit Foncier occupait jusqu’à présent, elles peuvent être envisagées sous trois aspects principaux.

Tout d’abord, cet arrêt de la production du Crédit Foncier risque de réduire les capacités de financement des projets immobiliers des ménages, notamment parmi les ménages modestes. 

En effet, le Crédit Foncier avait développé une expertise fine lui permettant d’adapter les durées d’endettement au profil des acquéreurs et ainsi de trouver des solutions pour financer l’accession à la propriété de jeunes ménages sur des durées de 30 ou 35 ans. Le Crédit Foncier avait également acquis une expertise reconnue dans le domaine de la construction et notamment une capacité à connaître les spécificités juridiques du droit de la construction et d’adapter ainsi sa politique d’octroi de crédit. Les primo-accédants à revenus modestes étaient les premiers bénéficiaires de cette double expertise qui leur a permis de réaliser leur projet immobilier en faisant construire leur maison individuelle. 

Le Crédit Foncier s’était par ailleurs bien développé dans le financement des investissements locatifs des ménages grâce à sa plus grande souplesse (pas de domiciliation des salaires, adaptation des durées et du niveau d’apport personnel) et à sa bonne implantation auprès des réseaux de conseillers en gestion de patrimoine.

Ensuite, les acteurs du marché de l’immobilier craignent que la répartition des équipes du Crédit Foncier au sein des réseaux du groupe BPCE ne permette pas de maintenir l’expertise immobilier développée au sein du Crédit Foncier et conduise à rendre plus complexe le financement des opérations de promotion/construction. Cette crainte devra être confrontée à l’épreuve des faits d’autant plus que la vive concurrence avec le Crédit Agricole, qui détient aujourd’hui la place de leader sur le financement de l’immobilier, sera un vecteur de motivation pour les réseaux du groupe BPCE.

Enfin, l’arrêt de la production du Crédit Foncier pourrait impacter négativement la demande de maisons individuelles pour la partie la plus difficilement solvable des ménages. Les constructeurs de maisons individuelles seraient diversement impactés en fonction de leur segment de clientèle et de la part du Crédit Foncier au sein de leurs ventes (la part de marché du Crédit Foncier atteint jusqu’à 40% chez certains constructeurs).

Pour pallier l’effet négatif de l’arrêt du Crédit Foncier, les constructeurs sont à la recherche de solutions innovantes. Notre solution de cagnotte immobilière, Devenez-Proprio.fr, est unique en France. Elle permet à un ménage de constituer son apport personnel dans le cadre de son projet immobilier en faisant appel à ses amis, ses collègues et ses voisins (futurs ou anciens) et de bénéficier également des opérations commerciales que mettent en place les constructeurs pour faciliter le financement du projet de leurs clients.